Réponse rapide : Une campagne de contrôle de la DGCCRF sur les épices en poudre, publiée en 2021, a relevé une anomalie dans 51 % des 181 établissements visités (importateurs, négociants, grossistes). Les fraudes les plus fréquentes : un ingrédient de remplissage non déclaré, une catégorie supérieure annoncée sans l'être, ou une épice moins chère substituée à une épice plus onéreuse. Le safran reste l'épice la plus touchée.
La fraude aux épices n'est pas une rumeur : elle fait l'objet de contrôles officiels réguliers, en France comme dans d'autres pays européens. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a publié les résultats d'une campagne dédiée aux épices en poudre, qui donne une idée précise des pratiques relevées sur le marché. Cette page résume ce que cette enquête a trouvé, sans viser une marque ni un vendeur en particulier.
Une campagne centrée sur les épices en poudre
L'enquête de la DGCCRF a porté sur des épices vendues moulues : safran, poivre, piment, paprika, curry, curcuma, cumin, coriandre, cannelle et gingembre. Elle a visité 181 établissements, principalement des importateurs, des négociants et des grossistes, pour vérifier la loyauté des pratiques et la qualité réelle des épices mises sur le marché. Au total, 51 % des établissements contrôlés présentaient au moins une anomalie, la moitié liée à un simple défaut de qualité.
Les types de fraude relevés
Les contrôleurs ont classé les anomalies en plusieurs catégories. Une substitution d'ingrédient ou un additif non déclaré représentait environ un quart des cas relevés. Une substance de remplissage, amidon exogène, sel, sable, marc d'olive, ou une partie non comestible de la plante elle-même, comme des étamines de safran en excès, en représentait près d'un cinquième. Des défauts d'étiquetage, poids net inférieur à celui annoncé, taille de police non conforme, nom de produit incorrect, concernaient 17 % des cas, et une non-déclaration d'allergène 7 % d'entre eux.
Des exemples relevés par l'enquête
Parmi les cas cités, du carthame, une fleur bien moins chère, a été vendu comme du safran ; une espèce de curcuma, propre seulement à un usage médicinal selon l'enquête, a été vendue pour une consommation alimentaire ; de la cannelle de Chine (cassia), dont la teneur en coumarine est plus élevée, a été étiquetée comme de la cannelle de Ceylan. Ce ne sont pas des défauts anecdotiques : une catégorie annoncée pour une autre change à la fois le prix payé et, parfois, la composition réelle du produit.
Les épices les plus touchées
Le safran reste, de loin, l'épice la plus concernée par les anomalies relevées, avec 81 % des cas. Viennent ensuite le poivre (59 %), le paprika et le piment (54 %), puis le curry et le curcuma (41 %). Ces proportions concernent les établissements contrôlés par cette campagne précise, pas l'ensemble du marché des épices.
Pourquoi un étiquetage fidèle compte aussi pour les allergies
Au-delà de la tromperie sur le prix ou la qualité, un ingrédient non déclaré peut poser un risque pour une personne allergique. L'enquête cite ainsi des incidents distincts, relevés hors de France, où des protéines d'arachide ou d'amande ont été détectées dans des produits à base de cumin ou de paprika. C'est l'une des raisons pour lesquelles la liste des ingrédients d'une épice doit rester fidèle à ce qu'elle contient réellement.
Qui est contrôlé, et pourquoi
Cette campagne visait surtout les producteurs, les importateurs, les transformateurs et les négociants, c'est-à-dire les maillons de la chaîne où une substitution ou une dilution a le plus de conséquences, avant que l'épice n'arrive dans un sachet destiné au consommateur final. Un contrôle à ce niveau permet de retrouver l'origine d'une anomalie plus facilement qu'une fois le produit dispersé en rayon chez de nombreux revendeurs.
Limiter le risque à l'achat
Un prix anormalement bas pour une épice réputée chère, une couleur ou une odeur qui ne correspond pas à ce qu'on attend, ou une étiquette qui ne précise pas l'origine ni l'espèce exacte, sont des signaux à prendre en compte. Notre page sur choisir des épices de qualité détaille des critères vérifiables à l'achat, en boutique ou en ligne, sans viser aucun vendeur en particulier.
Nos épices de Madagascar
Notre famille cultive ses épices à Vangaindrano, dans le sud-est de Madagascar, et les prépare elle-même, du grain à l'étiquette.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une fraude aux épices, concrètement ?
C'est, selon les contrôles officiels, une substitution par un ingrédient moins cher non déclaré, une dilution par une substance de remplissage comme l'amidon ou le sel, ou l'annonce d'une catégorie supérieure à celle du produit réel.
Quelle épice est la plus touchée par la fraude, selon les contrôles officiels ?
Le safran, avec 81 % d'anomalies relevées dans la campagne de la DGCCRF, suivi du poivre à 59 %.
Un ingrédient non déclaré peut-il présenter un risque pour une personne allergique ?
Oui, c'est l'un des risques relevés par l'enquête : des protéines d'arachide ou d'amande ont par exemple été détectées dans des produits à base de cumin ou de paprika, dans des incidents relevés hors de France.
Comment reconnaître une épice de qualité à l'achat ?
Notre page sur le choix des épices de qualité détaille des critères vérifiables à l'achat, en boutique ou en ligne, comme le prix, la couleur, l'odeur et la précision de l'étiquette.
L'équipe Vanille Désiré